La dette américaine approche les 40 000 milliards de dollars, Hartnett de Bank of America : acheter de l'or est actuellement la meilleure solution
La dette américaine approche les 40 000 milliards de dollars. Hartnett de Bank of America estime que « prendre des positions longues sur l’or » est actuellement la meilleure solution — l’or étant la meilleure couverture contre la dépréciation du dollar, l’effondrement des obligations et les risques politiques. Parallèlement, la frénésie de financement liée à l’IA a entraîné une augmentation annuelle de 61 % de l’offre d’obligations d’entreprise, ce qui écarte structurellement les acheteurs de bons du Trésor, tandis que le service de la dette atteint déjà 1,4 billion de dollars. Hartnett avertit que le résultat des élections de novembre sera la plus grande variable déterminant l’orientation du marché d’ici la fin de l’année.
La dette publique américaine n’est plus qu’à 65 milliards de dollars des 40 000 milliards. À la clôture de vendredi dernier, ce seuil historique monumental était à portée de main. Michael Hartnett, stratégiste en chef de l’investissement chez Bank of America, a intitulé son dernier rapport "Flow Show" "Les soucis commencent à quarante" ("Strife Begins at Forty"), considérant ce moment comme le fil conducteur le plus essentiel du narratif de marché actuel.
Hartnett souligne que non seulement la dette des États-Unis franchira les 40 000 milliards dans les prochains jours, mais elle atteindra aussi les 50 000 milliards d’ici 2029 environ. Dans ce contexte, Hartnett estime que l’achat de l’or est la meilleure solution actuelle, l’or restant l’outil de couverture optimal contre la dépréciation du dollar, l’effondrement des obligations et l’inflation des actifs.

Les intérêts de la dette sont devenus la "plus grande dépense", le marché obligataire sous pression
Au cours des 12 derniers mois, les paiements d’intérêts de la dette américaine ont atteint 1400 milliards de dollars, frôlant le dépassement de la sécurité sociale pour devenir la plus grande dépense individuelle du gouvernement fédéral.
Hartnett indique clairement que cette tendance n’inversera pas – sauf si le rendement des obligations américaines à 5 ans chute en dessous de 3,25 %. Or, sans un choc déflationniste majeur ou une récession, cela est presque impossible.
Dans le même temps, la dette à 30 ans américaine a été émise la semaine dernière à un rendement de 5,126 %, un record depuis 25 ans. Hartnett résume cette absurdité en une phrase : "Les actions américaines atteignent le même jour un sommet historique, tandis que la dette américaine est émise au rendement le plus élevé depuis 25 ans – telle est la réalité."

La frénésie de financement de l’IA "évince" les acheteurs de dette publique
La pression sur le marché obligataire ne provient pas uniquement du gouvernement. Les données du stratégiste de Nomura, Charlie McElligott, montrent :
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L’offre totale d’obligations d’entreprise a bondi de 61 % en glissement annuel
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Les émissions d’obligations et prêts liés à l’IA/aux centres de données hyperscale/centres de données (investment grade + prêts) ont atteint près de 12 fois la moyenne annuelle de 2015 à 2024, avec 269 milliards de dollars levés depuis le début de l’année, soit le double de l’ensemble de 2025
La vague d’obligations d’entreprise inonde le marché, provoquant un aplatissement "bear-steepening" structurel de la courbe des taux américains et évince les capitaux qui auraient dû acheter de la dette publique à long terme. Les stratégies CTA de suivi de tendance affichent un signal globalement "short" sur l’ensemble des obligations G10, avec des positions nominales au 12ᵉ percentile depuis 2010, et les positions sur taux à court terme au 10ᵉ percentile.
Le résultat est un cercle vicieux : élargissement des spreads de crédit → éviction des investisseurs en duration longue → courbe des taux bear-steepening → montée des inquiétudes sur une situation "hors de contrôle".
Principes d’allocation d’actifs : l’or comme réponse centrale
Hartnett rappelle dans son rapport plusieurs cadres d’allocation d’actifs dominants pour les années 2020, renforcés à l’horizon 2026 :
ABB (Away from Bonds), ABD (Away from Dollar), AI (All In sur l’IA), etc.
Un même raisonnement unit ces quatre principes : les décideurs voient l’"essor du PIB nominal" comme solution à la dette, et la Bourse comme un "too big to fail". C’est pour cela, écrivait Hartnett la semaine dernière, que "Wall Street trade sans aucune crainte".
Il résume ainsi le sentiment du marché : "Croissance massive de l’EPS, 10 000 milliards de dollars de richesse ajoutés en 2026, plus de 1 000 milliards de dollars de capex IA en 2027… Les vannes sont grandes ouvertes pour les haussiers, les seules contraintes sont les obligations (envolée des taux), les électeurs (vague socialiste), et le fait que tout le monde mise déjà sur la hausse."
Long Or : l’option optimale contre la dépréciation du dollar
Dans le cadre "ABD (loin du dollar)", Hartnett donne un cap de trading clair : acheter de l’or.
Son raisonnement est direct : l’or reste le meilleur instrument de couverture contre la dépréciation du dollar, l’effondrement obligataire, l’inflation des actifs, et le bras de fer politique entre populisme capitaliste et populisme socialiste des années 2020.
La logique d’un dollar faible est tout aussi claire. Le gouvernement américain a déjà envoyé le signal via l’intervention sur le yen : il ne souhaite pas voir les taux à 10 ans dépasser 5 %. Et avec l’approche des élections de mi-mandat, l’inflation CPI devrait se maintenir dans la fourchette 2,8 %-3,6 %, l’inflation "core" entre 2,1 %-2,6 %, et la tolérance des autorités à des hausses de taux est limitée.
Selon Hartnett, la tonalité hawkish de Warsh à Jackson Hole le 28 août, conjuguée à une possible hausse de taux par la Banque du Japon le 18 septembre, pourrait conjointement envoyer un signal de "mission accomplie", offrant des raisons de plafonner les taux et de mettre fin au risque de dépréciation du yen.

Sous le prisme "Away from Bonds", quels actifs surperforment discrètement ?
Dans le cadre ABB ("loin des obligations"), Hartnett relève un phénomène intéressant : malgré la hausse des taux prévue en 2026, certains actifs de longue duration, jusque-là négligés – REITs, biotechnologies (XBI), banques régionales (KRE), petites capitalisations – surperforment discrètement le marché.
Le marché "prixe" une stabilisation des taux à travers ses allocations. Hartnett pense que toute nouvelle flambée des taux serait "trop risquée pour être tolérée" par les autorités, ce qui explique le soutien à ces actifs.
L’autre face du trade IA : vendre à découvert les obligations IA
Dans le cadre "All In IA", Hartnett propose un trade à contre-courant : vendre à découvert les obligations IA.
Son raisonnement : plus de 1 000 milliards de dollars de capex et un flux de trésorerie libre négatif signifient que les sociétés IA devront continuer à émettre massivement de la dette. Hartnett a proposé ce trade pour la première fois fin 2025, estimant qu’il "rapporterait beaucoup plus" qu’un simple achat d’actions IA en 2026.
Selon lui, la meilleure stratégie dans une bulle est de combiner : achats sur l’"arrogance" (IA) et sur l’"humiliation" (actifs cycliques délaissés). Par analogie historique : lors de la bulle internet de 1999, les marchés émergents, ou encore le pétrole lors de la bulle subprime/Chine de 2007/08, ont profité en tant qu’"actifs humiliés" en fin de cycle.
Prochaines étapes clés : élections et politiques, principaux variables
Hartnett dresse la liste des prochains événements clés du marché pour les prochains mois :
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28 août : Discours de Warsh à Jackson Hole
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4 septembre : publication des chiffres de l’emploi non agricole d’août
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11 septembre : publication de l’inflation CPI d’août
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16 septembre : réunion du FOMC (probabilité de hausse de 35 %)
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18 septembre : réunion de la Banque du Japon (probabilité de hausse de 74 %)
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24 septembre : événement diplomatique majeur Chine–États-Unis
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4 octobre : élections au Brésil
Le jugement final de Hartnett est clair : si les Républicains conservent le Sénat et Abbott le poste de gouverneur du Texas, il prévoit que la Bourse (surtout les valeurs IA) poursuivra son envolée en 2027 jusqu’à atteindre des niveaux de bulle. Si les Démocrates remportent le Sénat et le Texas le 3 novembre, alors les actions, le dollar et les rendements obligataires subiront une chute de plus de 10 % d’ici la fin de l’année.
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