Salesforce (CRM.US) mène le dernier tour de financement du licorne "AI+RH" HiBob, investit massivement pour réfuter la théorie de la "fin du SaaS"
Salesforce investit dans l'entreprise de logiciels RH HiBob, portant sa valorisation à 3,2 milliards de dollars.
Alors que l'industrie des logiciels d'entreprise est en proie à l'anxiété face à la disruption de l'IA, Salesforce (CRM.US) vient d'apporter un soutien décisif à l'idée que « le SaaS n'est pas mort » grâce à un investissement substantiel. Selon les informations, Salesforce a mené le tour de table de 166 millions de dollars pour la société de logiciels RH HiBob, valorisant la start-up israélienne à environ 3,5 milliards de dollars. Farallon Capital a également participé à ce tour, Salesforce fournissant la majeure partie des fonds. Il s'agit de la plus grosse levée de fonds de l'histoire de HiBob et d'un pari stratégique clé de Salesforce sur la valeur du « point d'entrée de la donnée d'entreprise » à l'ère de l'IA.
Vue d’ensemble de la transaction : le « fossé de données » derrière la valorisation de 3,5 milliards
Fondée en 2015 et basée à Tel Aviv, HiBob est le développeur de « Bob », une plateforme de gestion du capital humain (HCM) cloud-native. Cette plateforme fournit des services RH essentiels, gestion de la paie et onboarding à plus de 5 400 clients dans plus de 170 pays. Sa clientèle cible sont principalement des entreprises de taille moyenne, rivalisant directement avec des géants comme Workday sur le marché du HCM.
Ce nouveau financement fait passer la valorisation de HiBob de 2,7 milliards de dollars lors du dernier tour en septembre 2023 à environ 3,5 milliards. Depuis sa création, HiBob a levé plus de 700 millions de dollars au total.
Ronni Zehavi, PDG de HiBob, a déclaré que ces nouveaux fonds serviraient à investir dans la plateforme RH, explorer des opportunités d'acquisition et accélérer son expansion géographique. Zehavi précise que l'entreprise ne réfléchira pas à une IPO avant d'avoir finalisé l'intégration de l'IA et que « toutes les options restent ouvertes après 2027 ».
Logique stratégique de Salesforce : maîtriser le « cœur névralgique de la main-d'œuvre hybride »
La portée stratégique de cet investissement va bien au-delà du simple retour financier. À l’heure où les agents IA (AI Agent) s’inscrivent toujours plus profondément dans les workflows d’entreprise, les logiciels RH évoluent d’outil de gestion du personnel à « plateforme de commandement et de contrôle de la main-d’œuvre hybride (humains + agents IA) ».
Salesforce déploie tous ses efforts pour développer la plateforme d’agents IA Agentforce. À mesure que les agents IA prennent en charge des tâches — recherche de leads, brouillons d’email, mise à jour CRM, qualification de clients — les directions des entreprises affrontent une nouvelle problématique fondamentale : comment suivre, gérer et coordonner le travail accompli conjointement par des humains et des agents IA ?
La plateforme Bob de HiBob détient les actifs data les plus critiques de l’entreprise : organigramme, systèmes d’autorisations, cadres de rémunération, définitions des workflows. Marc Benioff, le PDG de Salesforce, s’intéresse avant tout à la position stratégique de HiBob comme « source fiable des données organisationnelles de l’entreprise » — toute intégration effective des agents IA à l’activité passe par ce socle data.
Dans une interview, Zehavi l’affirme sans détour : « Le SaaS n’a pas disparu. L’IA est en train de le transformer. » Il ajoute que les logiciels RH ne seront pas rapidement remplacés par l’IA, notamment pour des raisons de sécurité et de gouvernance : « Quelle entreprise oserait substituer notre système HCM complet par un produit clef en main ? Absolument aucune. Ce système est extrêmement complexe, et les données sont extrêmement sensibles. »
Synergie écosystémique : intégration Slack et pièce ClaudeForce
Cette analyse concorde parfaitement avec la récente offensive de Salesforce sur le terrain de l’IA. En toile de fond, Salesforce a renforcé ses liens avec Anthropic. Le 26 août, Salesforce et Anthropic ont conjointement lancé ClaudeForce — intégration directe du modèle Claude dans la plateforme Salesforce CRM, avec 37 premières fonctionnalités de vente préconfigurées. Salesforce prévoit d’investir environ 300 millions de dollars en tokens Anthropic d’ici 2026 et détient désormais près de 5 milliards de dollars de capital dans cette société. Marc Benioff, PDG de Salesforce, estime même que sa participation dans Anthropic pourrait valoir entre 30 et 40 milliards de dollars.
Salesforce intensifie le développement de la plateforme Agentforce — un écosystème permettant aux entreprises de concevoir, déployer et gérer des agents IA autonomes. Le chiffre d’affaires récurrent annuel (ARR) d’Agentforce dépasse désormais 1,5 milliard de dollars, en hausse de plus de 240 % sur un an. Salesforce a besoin de partenaires pour permettre aux sociétés de déployer et gérer ces agents à l’échelle — pas seulement pour les activer, mais aussi pour les intégrer aux cadres opérationnels des organisations.
L’intégration de HiBob à l’écosystème Salesforce était depuis longtemps amorcée. En juin 2026, HiBob avait déjà connecté sa plateforme à Slack, acheminant des données employés dans les workflows pilotés par l’IA.
Le rôle de HiBob s’éclaire nettement : en tant que garant de données organisationnelles fiables au sein de l’écosystème Salesforce, HiBob fournit la couche data fondamentale nécessaire au déploiement des agents IA pour Claude et Agentforce.
Contexte sectoriel : revalorisation à contre-courant face au « doom du SaaS »
Cet investissement intervient alors que le secteur du logiciel d’entreprise essuie un profond réajustement de valorisation. Au premier semestre 2026, sous l’effet des craintes que les outils IA viennent bouleverser le modèle économique traditionnel du SaaS, les actions logicielles ont subi une forte vague de ventes. Certains investisseurs ont même évoqué le spectre du « doom du SaaS ».
Cependant, cette prise de participation de Salesforce distille un tout autre message : les plateformes détenant la donnée organisationnelle fiable et intégrées aux workflows critiques ne perdront pas leur valeur à l’ère de l’IA — elles seront même plus stratégiques que jamais. Zehavi l’affirme : HiBob partage avec Salesforce « la même vision — humains et agents (soit collaborateurs numériques) travailleront côte à côte ».
La semaine dernière, l’action Salesforce a connu sa plus forte hausse depuis six ans, dissipant partiellement les craintes autour d’un « doom du SaaS ». L'entreprise a annoncé l’approfondissement de son partenariat avec Anthropic, des perspectives de croissance robuste, et avec l’investissement dans HiBob, elle renforce encore sa position sur la couche d’infrastructure IA pour l’entreprise.
Zehavi résume cette évolution : « Les logiciels d’entreprise de prochaine génération ne seront plus construits autour des applications, mais autour des agents IA. » Les applications RH deviennent le nouveau « tableau de bord de contrôle » de l’équipe hybride (humain + agent) — chargé de suivre, manager et coordonner le travail humain et l’IA agent.
Salesforce prouve par ses actes : l’IA ne tuera pas le SaaS, elle en redéfinira l’ancrage de valeur. Les plateformes qui dominent la donnée organisationnelle fiable, profondément intégrées aux workflows d’entreprise, deviendront plus essentielles que jamais à l’ère de l’IA.
Quant à Zehavi, il l’indique sans ambiguïté : HiBob n’envisagera pas d’IPO avant d’avoir finalisé son intégration de l’IA et ne tranchera qu’après 2027. « J’estime qu’à l’heure actuelle, il n’a jamais été aussi difficile pour une société logicielle de s’introduire en Bourse. »
Avertissement : le contenu de cet article reflète uniquement le point de vue de l'auteur et ne représente en aucun cas la plateforme. Cet article n'est pas destiné à servir de référence pour prendre des décisions d'investissement.
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