Le Canada envisage de supprimer la taxe spéciale sur le streaming, mais des plateformes comme Netflix (NFLX.US) devront toujours soutenir la production audiovisuelle locale.
Le gouvernement canadien envisage de supprimer la taxe spéciale imposée aux entreprises de divertissement telles que Netflix (NFLX.US) et Disney (DIS.US).
L’APP de Finance Intelligente a appris, selon des documents judiciaires, qu’après l’opposition des responsables américains et des studios de cinéma hollywoodiens, le gouvernement dirigé par le Premier ministre canadien Mark Carney prévoit d’annuler la taxe spéciale imposée aux entreprises de divertissement telles que Netflix (NFLX.US) et Disney (DIS.US). Toutefois, les plateformes de streaming devront toujours consacrer une partie de leurs revenus à la production de contenus audiovisuels canadiens et autochtones.
Dans une lettre adressée à la Cour fédérale d’appel, l’avocat substitut du procureur général du Canada a indiqué que le gouvernement avait l’intention de “supprimer l’obligation de contribution de base pour les services de streaming”.
Cependant, Elmina Landry, porte-parole du ministre canadien de la Culture, Mark Miller, a déclaré : “Chaque plateforme devra continuer à investir un certain pourcentage de ses revenus dans la création de contenus audiovisuels canadiens et autochtones.”
Depuis 2024, le Canada exige que les plateformes de streaming de taille significative consacrent 5 % de leurs revenus dans la région canadienne au soutien de la production cinématographique et télévisuelle canadienne. Selon la lettre soumise à la cour, le gouvernement canadien prévoit de combler ce manque à gagner par des fonds publics.
En mai de cette année, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a proposé d’augmenter le taux de prélèvement sur les plateformes de streaming à 15 % de leurs revenus canadiens. Cette proposition a suscité l’indignation des dirigeants hollywoodiens et des responsables du gouvernement Trump. L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a déclaré que ce projet imposait une taxe spécifiquement aux entreprises américaines et instaurait de nouvelles barrières commerciales discriminatoires, “aggravant une situation déjà défavorable”.
En juin, le gouvernement Carney a ordonné à l’organisme concerné de réévaluer la mesure d’augmentation de taxe à 15 %, estimant que cela “imposerait de nouveaux frais aux entreprises fournissant ces services, et pourrait, à terme, être répercuté sur les consommateurs canadiens par une hausse des prix”.
Cette lettre a été présentée pendant que la Cour d’appel examinait plusieurs litiges portés par l’Association cinématographique canadienne, qui représente des sociétés majeures telles que Netflix, Disney et Sony Pictures.
Landry a expliqué : “Nous ordonnerons au CRTC de supprimer cette obligation de contribution de base qui dépasse le cadre de l’industrie audiovisuelle et concerne l’écosystème culturel plus large. Cette obligation n’a pas de lien direct avec le cœur d’activité des plateformes de streaming et est plongée dans une impasse judiciaire depuis longtemps.”
La “contribution de base” fait référence à la taxe spéciale actuelle de 5 % sur le streaming.
La lettre du tribunal indique que le gouvernement canadien devrait publier les informations correspondantes “dans les prochaines semaines”. Le CRTC renverra la question au gouvernement.
L’Association canadienne de radiodiffusion met en garde : “Il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur la base de cette simple lettre administrative.” L’Association cinématographique canadienne n’a pas encore commenté.
Ce système de soutien à la création audiovisuelle nationale est largement salué par l’industrie ; grâce à ce dispositif, le Canada a vu naître des œuvres populaires dans le monde entier telles que ‘Jusqu'au bout’ et ‘Schitt’s Creek’.
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