Alerte sur le marché de l’or : trois facteurs déclenchent la flambée, une volatilité de 150 dollars en une journée ! La bataille du rapport NFP approche !
Site d'information financière, 2 juillet—— Le 1er juillet, après avoir perdu le seuil des 3960 dollars lors de la session asiatique, le marché de l’or a été porté par trois facteurs positifs : la faiblesse des données ADP sur l'emploi, la déclaration du président de la Fed, Waller, affirmant que "le risque d'inflation s'est dissipé" et le progrès des négociations entre les États-Unis et l'Iran à Doha. L'or au comptant a ainsi grimpé jusqu'à un sommet hebdomadaire de 4114,77 dollars sur la session new-yorkaise, avant de clôturer à 4030,94 dollars. Ce violent retournement marque la formation d'un potentiel creux à court terme après une chute prolongée de six mois. Désormais, l'attention du marché se tourne vers le rapport sur l'emploi non agricole à venir.
Mercredi (1er juillet), la journée fut particulièrement agitée pour le marché mondial de l’or. Lors de la session asiatique, l'or au comptant a temporairement cédé le seuil de 3960 dollars l’once, poursuivant la tendance baissière du jour précédent où un plus bas de sept mois avait été atteint. Cependant, la suite fut marquée par un retournement spectaculaire : le prix de l'or a non seulement repris le seuil psychologique des 4000 dollars, mais a aussi grimpé jusqu'à 4114,77 dollars l’once lors de la séance new-yorkaise, son sommet hebdomadaire. Malgré un léger repli en fin de séance, il s’est finalement apprécié de 0,6 % en clôturant à 4030,94 dollars l’once. Ces fluctuations de plus de 150 dollars en une journée ne doivent rien au hasard : la faiblesse des données sur l’emploi américain, la déclaration de Waller sur l’atténuation du risque inflationniste et le progrès des négociations USA-Iran à Doha, chacun de ces facteurs a successivement relancé la résistance de l’or face au déclin. Le présent article revient sur les logiques derrière ce retournement en V. Jeudi (2 juillet), lors de la session asiatique, l'or au comptant évolue actuellement dans une étroite fourchette autour de 4040 dollars.
Panique asiatique : pourquoi le prix de l’or a-t-il temporairement perdu les 3960 dollars ?
Durant la session asiatique mercredi, le sentiment sur le marché de l’or restait pessimiste. L'or au comptant poursuivait sa baisse de la veille, franchissant aisément le seuil dont la symbolique psychologique de 4000 dollars. Lors de la précédente séance (30 juin), le prix était déjà tombé sous les 3950 dollars, atteignant son niveau le plus bas depuis novembre 2025. Depuis le pic historique de 5598 dollars atteint le 29 janvier dernier, le prix de l’or a perdu plus de 1600 dollars en seulement six mois, soit une baisse de plus de 28 %.
La logique derrière cette pression persistante de vente est relativement simple. Lors du premier semestre, le conflit USA-Iran avait temporairement augmenté la prime de risque, propulsant l’or à son sommet historique. Mais avec l’apaisement progressif du conflit et une forte baisse des prix du pétrole, la focalisation du marché s’est rapidement déplacée vers la question fondamentale de l'inflation et des taux d’intérêt. Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus que, malgré une baisse des prix de l'énergie, la résilience de l'économie américaine et une inflation persistante pourraient forcer la Fed à maintenir durablement des taux élevés, voire à les augmenter à nouveau cette année. Pour un actif sans rendement, les attentes de hausse des taux représentent un danger majeur. Dans ce contexte, les capitaux continuent de sortir des ETF sur l’or, et le sentiment spéculatif à court terme reste très déprimé. La chute du prix de l’or sous les 3960 dollars lors de la session asiatique mercredi a été l’expression concentrée de ce pessimisme.
Première impulsion : les négociations USA-Iran à Doha jettent une lumière, la prime géopolitique reconsidérée
Pendant la reprise du prix de l’or liée aux données et aux déclarations, le facteur géopolitique a aussi joué un rôle important. Des nouvelles positives sont parvenues au sujet des pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran à Doha, Qatar. Selon la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya citant des sources, un accord préliminaire aurait été atteint, avec la libération de 3 milliards de dollars pour l’Iran. Les parties seraient en discussion à propos d’une nouvelle initiative proposée par Oman concernant le détroit d’Hormuz. L’Iran aurait également mis en place un groupe de travail chargé de suivre la mise en œuvre du protocole d’accord et de lancer des négociations pour l’accord final en temps voulu. Le président américain Trump et le vice-président Vance ont tous deux commenté le progrès des discussions comme "positif".
Cette avancée a un double effet sur le marché de l’or. D’une part, l’apaisement des relations USA-Iran contribue à réduire la tension géopolitique au Moyen-Orient, ce qui en général diminue la demande de refuge sur l’or. D’ailleurs, cette même nouvelle a fait baisser les prix du pétrole de plus de 1 % à leur plus bas niveau depuis quatre mois. D’autre part, la diminution du risque géopolitique a aussi fait baisser les prix de l’énergie, renforçant ainsi la logique avancée par Waller selon laquelle "le risque d’inflation s’est dissipé". Quand l’inflation cesse d’être une menace imminente, la nécessité et l’urgence pour la Fed de relever les taux s’amenuisent, ce qui est favorable à l’or. Par ailleurs, la libération de 3 milliards de dollars constitue une forme d’amélioration de la liquidité du marché, offrant un soutien indirect au prix de l’or.
Deuxième impulsion : la faiblesse inattendue des données ADP sur l'emploi, l'or respire
Le tournant survient avant la session américaine. Le rapport national ADP, surnommé le "mini non-agricole", a été publié en premier et a surpris le marché. Selon le rapport, le secteur privé américain n’a créé que 98 000 emplois en juin. Ce chiffre est non seulement inférieur aux 122 000 emplois confirmés en mai, mais aussi en deçà des prévisions des économistes qui tablaient sur 118 000, et constitue la plus faible croissance enregistrée depuis le mois de mars.
La faiblesse de cet indicateur a offert à l’or sa première bouffée d’oxygène. Le trader indépendant de métaux Tai Wong l’a souligné avec précision : "L’or a connu une bonne reprise mercredi, les données ADP inférieures aux attentes ont posé les bases." Des chiffres faibles sur l'emploi font douter de la solidité du marché du travail, ce qui diminue la pression sur la Fed pour relever les taux rapidement. Après la publication de ces données, les taux des obligations américaines ont commencé à reculer depuis leur sommet intraday, apportant un soutien direct à l’or, qui ne génère aucun rendement. Fort de cet appui, le prix de l’or s’est stabilisé sur la publication des données et a entamé une offensive vers le seuil des 4000 dollars.
Troisième impulsion : déclaration de Waller, un signal clé, l’atténuation du risque d’inflation comme point tournant
Si les données ADP ont servi d’"allumette" à la reprise, la déclaration du président de la Fed, Waller, au forum de la Banque centrale européenne à Sintra, Portugal, a agi comme "accélérateur" du rallye de l’or.
Depuis son entrée en fonction, Waller est connu pour sa position de faucon, insistant plusieurs fois sur la restauration de la stabilité des prix et faisant savoir qu’il ne tolérerait pas une inflation élevée. Mais cette fois-ci, son discours a été subtilement modifié. Waller a clairement indiqué que, lors de ses premières semaines au poste, "depuis quatre semaines, les prévisions d’inflation ont baissé. Le risque d’inflation s’est atténué." Il a précisé que l'accord destiné à terminer la guerre en Iran a fait baisser les prix de l’énergie, améliorant la perspective inflationniste à court terme.
Ce changement est très significatif pour le marché. Bien que Waller ait réaffirmé la volonté de la Fed de ramener l’inflation à 2 % sans aborder la question d’une éventuelle hausse des taux ce mois-ci, l’expression "atténuation du risque d’inflation" a été interprétée comme un signal dovish par les marchés. Robert Tipp, stratège en chef de PGIM Fixed Income, a commenté que le marché craignait que Waller agisse de façon agressive, mais "de nombreux signaux contradictoires émergent de son discours, et le marché ne sait pas à quoi se fier". Cette incertitude suffit à inquiéter ceux qui avaient parié sur une hausse rapide des taux.
Encore plus essentiel, la déclaration de Waller a entraîné une nette baisse des taux américains depuis leur sommet intraday. Le rendement du Treasury à 10 ans avait touché un plus haut d'une semaine à 4,501 % avant son intervention, puis a reculé de manière significative. Cette baisse du rendement diminue le coût d’opportunité d’investissement sur l’or, constituant un catalyseur direct pour le dépassement des 4100 dollars. Selon l’outil CME FedWatch, après la déclaration de Waller, la probabilité d’une hausse des taux par la Fed en juillet est passée de 33,1 % à 27,3 %.
Perspectives à court terme : le rapport sur l’emploi non agricole, clé de la bataille pour les 4000 dollars
Après le retournement en V du 1er juillet, le marché de l’or a temporairement récupéré le seuil des 4000 dollars, mais la bataille entre acheteurs et vendeurs est loin d’être terminée. Le diagnostic de Tai Wong est représentatif : "À moins que le rapport sur l’emploi non agricole de jeudi ne soit exceptionnellement robuste, l’or a probablement déjà établi un support à court terme." Cette phrase met en lumière la contradiction centrale du marché actuel : toutes les logiques à court terme convergent vers un seul point, le rapport sur l’emploi non agricole de juin qui sera publié jeudi.
Les attentes médianes du marché prévoient 110 000 nouveaux emplois pour juin et un taux de chômage à 4,3 %. Si les résultats sont bien supérieurs aux attentes, la vigueur du marché du travail pourrait raviver les perspectives de relèvement des taux par la Fed, pesant à nouveau sur l’or. À l’inverse, si les données confirment la faiblesse observée sur l’ADP, le creux à court terme du prix de l’or sera confirmé. Plus largement, les dissensions internes à la Fed sur la trajectoire des taux restent profondes : parmi les 18 responsables ayant livré leurs prévisions économiques le mois dernier, 9 estiment qu’une hausse des taux est nécessaire d’ici la fin de l'année, 8 préfèrent le statu quo, et 1 prévoit une baisse. Ce clivage, source de grande incertitude, constitue un soutien naturel à l’or, qui prospère dans l’incertitude.
De plus, l’analyse technique livre des signaux importants. Après une correction de 28 % sur six mois, le prix de l’or dispose d’un support technique solide dans la zone de 3926 à 3865 dollars. Le seuil des 4100 dollars représente une résistance essentielle à franchir à court terme. Le pic à 4114,77 dollars atteint le 1er juillet a précisément mis à l’épreuve la validité de cette zone de résistance. Après cinq jours consécutifs de sorties nettes, les ETF mondiaux sur l’or ont connu une croissance marginale de 30 000 onces le 1er juillet, un signal à surveiller.
Conclusion
Le marché de l’or du 1er juillet a parfaitement illustré un retournement spectaculaire, mû par les trois grandes variables : données macro, politique monétaire et géopolitique. De la panique et des ventes de la session asiatique à la reprise vigoureuse lors du marché new-yorkais, le prix de l’or a connu un basculement émotionnel du désespoir à l’espoir en une seule journée. Les données ADP sur l’emploi, décevantes, ont fourni le socle fondamental à la reprise, la déclaration de Waller sur "l’atténuation du risque d’inflation" a modifié la balance des attentes concernant les taux et le progrès des négociations USA-Iran a exercé une double influence sur les plans géopolitique et inflationniste. L’action combinée de ces trois forces a sorti l’or du creux de sept mois.
Cependant, la récupération du seuil des 4000 dollars n’est qu’un commencement. Avec un parcours de la Fed toujours opaque et l’imminence des données sur l’emploi non agricole, le vrai défi commence tout juste pour le marché de l’or. Pour les investisseurs, la bataille autour des taux, de l’inflation et du risque géopolitique est loin d’être terminée.
(Graphique quotidien de l'or au comptant, source : Yihuitong)
Fuseau horaire GMT+8 07:38, or au comptant à 4037,34 dollars l’once.
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