Hier, le marché a de nouveau connu une oscillation étroite.
Il n’y a pas eu de hausse euphorique, ni de chute vertigineuse. Si vous avez fixé les graphiques intrajournaliers toute la journée, vous avez sans doute eu envie de vous endormir.
Mais ce calme apparent a tout de même laissé bon nombre d’investisseurs perplexes.
Car le marché traverse actuellement un subtil « passage de pouvoir » : on passe de « écouter ce que dit la Fed » à « observer ce que disent les données ».
1. Bonne nouvelle, il n’y aura plus de hausse des taux… et après ?
La semaine dernière, la succession de chiffres de l’emploi non agricole inférieurs aux attentes, ainsi que des données CPI et PPI modérées, a enfin permis au marché de souffler : l’épée de Damoclès des hausses de taux d’intérêt a, pour le moment, été écartée.
Cela devrait, en théorie, réjouir les actifs à risque.
Mais étrangement, la hausse attendue ne s’est pas produite. Le réconfort des chiffres de l’inflation a été vite compensé par une autre forme d’anxiété.
C’est un peu comme une personne habituée à être guidée à la laisse : une fois libérée, elle ne sait soudainement plus dans quelle direction avancer.
2. Les nouvelles règles du nouveau président : autonomie exigée
Le déplacement de l’attention des marchés est lié au nouveau style politique instauré par le président fraîchement nommé de la Fed, Kevin Walsh.
Contrairement à son prédécesseur, qui affectionnait de livrer des messages clairs, Walsh souhaite que le marché cesse de surinterpréter chaque mot ou formulation de la Fed. Il exige que les investisseurs reviennent à l’essentiel : se concentrer sur les fondamentaux économiques eux-mêmes.
Autrement dit ?
En comparaison : autrefois, le marché se comportait comme un « bon élève », cherchant toujours à deviner les questions clés de l’examen auprès du professeur Fed (hausse ou baisse des taux). Aujourd’hui, ce nouveau professeur dit : « Ne me demandez plus, lisez vos manuels, le contenu de l’examen se trouve dans les données économiques elles-mêmes. »
Lorsque les décideurs n’envoient plus de signaux clairs, voire n’en envoient plus du tout, le marché perd ce « repère psychologique ». Dans ce contexte, il ne reste plus qu’à se concentrer obstinément sur les deux indicateurs clés : emploi et prix.
Cela signifie que chaque nouveau rapport sur l’emploi ou donnée CPI risque désormais de provoquer des remous bien plus importants qu’auparavant.
Car au lieu de spéculer sur « ce que va penser la Fed », les décisions d’achat ou de vente se font désormais directement sur la base des données en elles-mêmes.
3. L’incertitude des cryptomonnaies : attendre la prochaine impulsion
Ce flou au niveau macroéconomique se reflète également sur le marché des cryptomonnaies.
La structure actuelle du marché montre en effet une tendance toujours hésitante, tiraillée dans une zone de faiblesse. C’est comme un nageur perdu dans les eaux profondes, qui n’atteindra la rive qu’en trouvant un point d’appui clair ; en attendant, il ne peut que flotter au gré des courants.
4. Perspective du jour : la bataille entre pression et soutien
D’un point de vue purement technique, la structure en données 4 heures reste orientée vers une consolidation faible.
En traçant une ligne sur la zone de fluctuation récente, la zone de pression principale se situe vers 1919 ; tandis que la zone de support testé à plusieurs reprises à court terme se trouve autour de 1853.
Avant que la direction ne soit plus lisible, le marché continuera probablement à tester la patience des acheteurs comme des vendeurs à l’intérieur de ce canal.
5. Deux scénarios, deux stratégies
Face à un marché en oscillation sans leader, il est risqué de courir après la hausse ou la baisse. La sagesse reste de se préparer selon ces niveaux clés :
Premier scénario : le rebond échoue. Si le prix teste plusieurs fois la résistance supérieure lors des oscillations, mais piétine à l’approche de la zone de pression (vers 1919) sans réussir à progresser, ce rebond faible peut justement servir à observer la pression potentielle.
Second scénario : perte du support. Si la situation se détériore et que les chandeliers de 4H ou de 1H clôturent clairement sous le support clé (1853), cela signifie que le plancher court-terme a cédé, ouvrant la voie à une recherche de nouveaux supports plus bas.



