PMI de juin : premiers signaux de stabilisation
Le PMI de juin réalise une restructuration structurelle dans le cadre de la normalisation des prix et de la libération de la demande ; le point de bascule macroéconomique pour le second semestre se place ainsi dans la "décision discrétionnaire" budgétaire. Porté par le vent favorable de l’augmentation des jours ouvrables, le rebond saisonnier du PMI manufacturier en juin est tout naturellement arrivé. Cependant, sous l’apparence d’un réchauffement quantitatif, le cœur des données révèle que l’économie se trouve actuellement à un point extrêmement délicat : les indicateurs de prix perturbés par les prix du pétrole reprennent rapidement leur rationalité, tandis que la hausse des nouvelles commandes bénéficie en grande partie de la baisse des coûts et la libération concentrée d’une demande accumulée antérieurement. Il convient de noter que, dès que le secteur manufacturier risque de descendre sous le seuil de prospérité, la probabilité d’une accélération des dépenses budgétaires augmente sensiblement.

La politique budgétaire observe prudemment à court terme, avec une attention sur l'accélération post "rupture de seuil". Le taux d’allocation des fonds budgétaires présente une certaine corrélation négative avec le PMI manufacturier, incarnant pleinement la "décision discrétionnaire". Actuellement, avec un PMI manufacturier stable au-dessus du seuil de prospérité depuis quatre mois consécutifs, la probabilité d’un assouplissement budgétaire important dans les 1-2 prochains mois reste faible ; la politique privilégie une approche progressive. Cependant, il est important de noter que les dépenses budgétaires restent prêtes à être intensifiées à tout moment : selon l’expérience historique, dès que le PMI manufacturier descend sous le seuil de prospérité, le taux d’allocation des fonds est très probablement rapidement augmenté, pour stabiliser l’économie grâce à une accélération des mesures de soutien.

Revenons aux données PMI elles-mêmes : selon la tendance historique, la hausse en juin n’est pas surprenante. L’augmentation du nombre de jours ouvrables accroît naturellement la probabilité d’une hausse mensuelle du PMI, et vice versa. En juin, le nombre de jours ouvrables était supérieur à celui de mai, ce qui, naturellement, a relevé le niveau du PMI ce mois-ci. D’après la tendance, l’effet de levier du nombre de jours ouvrables sur le PMI de juin est en parfaite adéquation avec la corrélation positive entre ces deux variables.

Sous l’apparence du rebond quantitatif, la structure des données ce mois-ci met en lumière de nouvelles informations : le levier de la demande sur le PMI est nettement supérieur à celui de l’offre. L’indice des nouvelles commandes du PMI, représentant la demande, a augmenté de 1,3 point de pourcentage sur un mois, tandis que l’indice de production du PMI, représentant l’offre, n’a augmenté que de 0,2 point. Derrière cela se trouve la libération de la demande précédemment accumulée, suite à la baisse des prix. Par ailleurs, l’indice des nouvelles commandes d’exportation du PMI a progressé de 1,5 point pour atteindre 50,1 %, repassant au-dessus du seuil de prospérité, ce qui montre que le cycle d’expansion des investissements mondiaux se poursuit, et la "capacité d’endurance" de la demande extérieure est supérieure aux attentes.
Les indices fortement perturbés par les facteurs internationaux, comme les prix du pétrole, retrouvent également rapidement leur centre de rationalité. Les deux principaux indices de prix de juin ont de nouveau baissé : l’indice PMI des prix d’achat des matières premières et l’indice des prix à la sortie d’usine ont chuté respectivement de 6,3 et 3,7 points de pourcentage, atteignant 54,2 % et 48,2 %, se rapprochant des niveaux d’avant le début du conflit Israël-Iran cette année. Néanmoins, globalement, les prix en amont restent supérieurs à ceux en aval, et l’espace de profit des entreprises industrielles intermédiaires et en aval reste sous pression.
Dans la fenêtre de baisse des prix des matières premières, les entreprises accélèrent aussi leurs achats. En juin, le volume d’achats du PMI a progressé de 1,6 point, atteignant 51,4 %. Simultanément, les indices de stocks sont en baisse : l’indice PMI des stocks de matières premières et celui des produits finis ont chuté respectivement de 0,2 et 1,6 point. Ce combo "acheter plus, stocker moins" montre qu’après la baisse des prix, les entreprises accélèrent leurs acquisitions pour répondre aux besoins de production, tout en déstockant plus rapidement les accumulations précédentes, ce qui rend la dynamique de gestion de la production globalement plus optimiste.
Si l’on tourne le regard vers le secteur non manufacturier, il affiche une résilience remarquable, devenant ainsi une note essentielle au dynamisme endogène actuel de l’économie. Du côté de la construction, même avec les intempéries en Chine centrale et méridionale et la chaleur extrême dans le Nord du pays cette année, l’augmentation du nombre de jours ouvrables en juin a permis une légère hausse du PMI de la construction de 0,2 point à 49 %. Du côté des services, grâce au début anticipé de la saison des déplacements estivaux et à l’impulsion directe du festival e-commerce "618", le PMI des services a continué de progresser de 0,1 point à 50,4 %, restant au-dessus du seuil de prospérité.
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