Le port de Yanbu est bloqué par les Houthis, l’Arabie Saoudite retourne à la navigation clandestine à Hormuz.
La semaine dernière, trois super pétroliers ont chacun chargé environ 2 millions de barils de pétrole brut saoudien dans le détroit d’Hormuz. Selon Kpler, six autres pétroliers pourraient charger du pétrole saoudien dans le détroit plus tard ce mois-ci. Par ailleurs, une partie des exportations saoudiennes a été transférée vers le terminal de Sidi Kerir en Égypte, mais le volume d’exportation n’est que d’environ 670 000 barils par jour, soit une forte baisse par rapport aux 4 millions de barils par jour précédemment expédiés du port de Yanbu.
Après que la route alternative d’exportation via le port de Yanbu en mer Rouge ait été coupée par le blocus maritime des Houthis, l’Arabie Saoudite relance les « voyages furtifs », augmentant à nouveau le volume du transport de pétrole brut via le détroit d’Hormuz, et se tourne vers le transfert navire à navire (voyages furtifs) au large du sultanat d’Oman afin d’éviter les risques liés au passage direct par le détroit.
La semaine dernière, Saudi Aramco a mis fin à l’arrêt de trois semaines des chargements de pétrole brut aux terminaux de Ras Tanura et de Juaymah situés dans le détroit d’Hormuz ; parallèlement, la société a commencé à vendre navire à navire depuis les eaux de la baie d’Oman, notamment depuis Sohar, des cargaisons Arab Medium et Arab Heavy.
L’impact direct de l’échec de la route mer Rouge est le transfert forcé d’une partie de ses exportations vers le terminal égyptien de Sidi Kerir. Ce mois-ci, les expéditions vers l’Asie devraient atteindre seulement environ 670 000 barils/jour, une forte réduction par rapport au volume antérieur d’environ 4 millions de barils/jour via le port de Yanbu.
Cet ajustement montre que Saudi Aramco suit peut-être l’exemple des Émirats Arabes Unis, en faisant transiter davantage de pétroliers par le détroit d’Hormuz, tout en maintenant des exportations via des transferts navire à navire hors du détroit ; cependant, la distance accrue et l’augmentation des coûts de transport mettent à l’épreuve la rentabilité et la durabilité de cette solution de contournement.
Les débouchés de la mer Rouge fermés, la route alternative échoue
Saudi Aramco avait auparavant massivement détourné les exportations de pétrole brut vers le port de Yanbu en mer Rouge pour éviter les risques du détroit d’Hormuz, atteignant ainsi jusqu’à environ 4 millions de barils par jour.
Mais ces dernières semaines, les Houthis au Yémen ont annoncé un blocus maritime sur l’Arabie Saoudite, rendant cette route alternative inutilisable.
Ensuite, Saudi Aramco s’est orienté vers la fourniture depuis le terminal égyptien de Sidi Kerir, mais ce mois-ci, les volumes à destination de l’Asie ne devraient atteindre qu’environ 670 000 barils/jour ; la distance accrue et l’augmentation des coûts affaiblissent encore davantage la faisabilité de ce contournement.
Retour aux chargements dans le détroit après trois semaines d’arrêt
La semaine dernière, Saudi Aramco a repris les chargements de pétrole brut aux terminaux de Ras Tanura et de Juaymah dans le détroit d’Hormuz, mettant fin à trois semaines d’arrêt.
Les trois très gros pétroliers (VLCC) Malaysia Prosperity, Algeria Prosperity et Singapore Prosperity ont chargé environ 2 millions de barils chacun entre le 12 et le 16 août.
Les données préliminaires de Kpler indiquent que six autres VLCC pourraient charger du pétrole saoudien dans le détroit plus tard ce mois-ci ; les images satellites montrent également qu’au cours de la semaine passée, des navires d’une capacité totale d’au moins 9 millions de barils ont déjà effectué des chargements sur les installations d’exportation de Ras Tanura ou à proximité.
Auparavant, suite à l’escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran le mois dernier et à l’attaque de sa flotte pétrolière, l’Arabie Saoudite avait suspendu les ventes dans le détroit pendant plusieurs semaines ; cette reprise ne signifie pas un retour à la normale des exportations.
Transfert navire à navire au large d’Oman, pour éviter les risques du détroit
Afin de réduire les risques liés au passage direct du détroit, Saudi Aramco a commencé à vendre navire à navire depuis les eaux de la baie d’Oman, notamment Sohar, des cargaisons Arab Medium et Arab Heavy, ce qui indique que ce pétrole provient très probablement de l’intérieur du golfe Persique.
Cette démarche montre que l’Arabie Saoudite suit peut-être l’exemple des Émirats Arabes Unis en faisant transiter davantage de pétroliers par le détroit d’Hormuz.
Saudi Aramco continue également à fournir du pétrole brut aux raffineries asiatiques via des transferts navire à navire au large de Fujairah, permettant ainsi aux acheteurs de prendre livraison sans devoir envoyer leurs propres navires traverser le détroit.
Les développements à surveiller : la poursuite des chargements de VLCC dans le détroit d’Hormuz et le volume d’expéditions depuis le terminal égyptien de Sidi Kerir.
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