Les politiques à adopter face aux données économiques de juillet
Les données de juillet reflètent une augmentation de l'incertitude quant à la stabilité de l'économie au troisième trimestre, mais des signes préliminaires de stabilisation apparaissent également à la marge. En éliminant l'impact défavorable des températures élevées et des fortes pluies, l'investissement industriel reste résilient grâce au soutien des exportations, et la consommation, après correction de l'effet pénalisant du secteur automobile, montre aussi un certain soutien, avec une performance particulièrement stable dans les services. Par ailleurs, le Conseil des Affaires d'État a récemment approuvé un projet de construction nucléaire de plus de 170 milliards de yuans, couplé à une accélération de la construction des “six réseaux”, ce qui montre que même si la politique budgétaire en faveur des investissements reste décalée dans le temps, un retournement positif est attendu vers la fin du trimestre.
L’industrie présente des caractéristiques de “demande extérieure comme soutien, différenciation structurelle”, et sa résilience fondamentale offre une période de transition pour la politique. Bien que la croissance de la valeur ajoutée industrielle ait ralenti en juillet en raison de facteurs saisonniers et météorologiques extrêmes, la valeur des livraisons à l'exportation des entreprises industrielles maintient une croissance à deux chiffres, et la vigueur de la demande extérieure laisse à la politique macroéconomique un certain espace d'observation à court terme. Structurellement, les industries technologiques affichent une performance remarquable, représentant environ la moitié de la contribution à la croissance industrielle de janvier à juillet. Ces dernières années, la croissance de la valeur ajoutée industrielle et celle de l’investissement dans les infrastructures ont souvent évolué de manière opposée, et la résilience actuelle de l’industrie ralentit objectivement l’urgence d’un stimulus fort pour soutenir les infrastructures à court terme.
La pression sur la dynamique d’investissement reflète un décalage objectif dans l’action budgétaire. En juillet, la croissance des investissements fixes a ralenti à -12,8 % (précédemment -10,0 %), et le niveau élevé des dépôts budgétaires indique que les fonds sont “retenus sans être déployés”, sans signe clair d'accélération pour le moment. Compte tenu du délai de transmission des politiques et des perturbations liées aux conditions météorologiques extrêmes en août, une stabilisation des investissements est attendue au plus tôt en septembre. La politique budgétaire visant à stabiliser les investissements est davantage axée sur la précision, la stimulation structurelle sera centrale, et des secteurs tels que la construction des “six réseaux” seront les points d’attention clés à venir.
L’impact de l’immobilier sur l’investissement continue de s’amplifier, et le centre des efforts pour stabiliser les attentes se déplace vers les zones principales. Face à des incertitudes croissantes concernant l’inversion de la tendance baissière, les villes de premier rang comme Pékin ont récemment assoupli marginalement les restrictions sur la demande. Cette initiative pourrait permettre une stabilisation des ventes dans les zones centrales spécifiques et la période clé d'observation pour tester l'efficacité de cette vague de politiques sera le “septembre doré, octobre d’argent” à venir.
La reprise de la consommation se caractérise par une stabilité des services et une faiblesse des biens, avec une réorientation politique évidente vers une restructuration institutionnelle à moyen et long terme. En juillet, la croissance des ventes au détail n’a été que de 0,6 %, l’effet “ancienne pour nouvelle” s’est atténué, et l’automobile (–17 % en glissement annuel) reste le principal frein, tandis que la consommation de services conserve sa résilience. De l’élaboration du “Plan décennal pour l’expansion de la consommation” à l’orientation du Politburo visant à “développer le potentiel de la consommation de services”, il apparaît que la politique se concentre sur les mécanismes à moyen et long terme, avec un impact limité à court terme sur la croissance.


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