Le voyage de Lagarde au WEF suscite des d ébats : le compte à rebours du changement anticipé à la tête de la Banque centrale européenne commence-t-il ?
La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, se rendra la semaine prochaine à Genève pour assister à un événement au siège du Forum économique mondial (WEF). Ce déplacement pourrait de nouveau susciter des spéculations sur une éventuelle démission anticipée de sa part.
Selon les informations de Jinse Finance, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, se rendra à Genève la semaine prochaine pour assister à un événement organisé au siège du Forum économique mondial (WEF). Ce déplacement pourrait une nouvelle fois relancer les spéculations sur sa possible démission anticipée.
D'après l'agenda public publié vendredi par la Banque centrale européenne, Lagarde participera mercredi prochain à une table ronde consacrée à l'économie mondiale.
Bien que ce type d’apparition publique ne soit pas rare en soi, depuis l'année dernière, les rumeurs sur un départ anticipé de Lagarde avant la fin de son mandat de huit ans en octobre 2027 persistent, à la suite d’informations laissant entendre qu’elle pourrait reprendre la direction du Forum économique mondial.
À l’époque, Lagarde avait minimisé ces rumeurs et promis d’aller au bout de son mandat à la Banque centrale européenne, même si le fondateur du Forum, Klaus Schwab, avait révélé qu’elle avait effectivement discuté avec lui de la possibilité de quitter la présidence de la BCE pour lui succéder à la tête du Forum.
Lagarde siège actuellement au conseil d'administration du Forum économique mondial, ce qui lui confère la légitimité officielle pour prétendre à un poste de direction de cette organisation. Le conseil doit se réunir mardi prochain à Genève. Selon les informations, la réunion portera avant tout sur l’orientation future du Forum. L'agenda publié par la Banque centrale européenne ne précise pas si Lagarde sera présente.
Les spéculations autour d’un départ anticipé de Lagarde continuent de prendre de l’ampleur, en partie en raison de ses propres déclarations. Le mois dernier, elle n’a pas explicitement affirmé qu’elle resterait en poste jusqu’au terme de son mandat, et sa participation imminente à un nouvel événement alimente de nouvelles suppositions.
Bien que le Forum économique mondial — mondialement connu pour son sommet annuel à Davos — reste considéré comme l’une des destinations possibles de Lagarde, elle n’a pas fermé la porte à une éventuelle entrée sur la scène politique française, déclarant vouloir servir le public « dans le rôle où elle sera la plus efficace ».
En septembre, à quelques mois de l’élection présidentielle française, Lagarde prévoit d’assister en tant qu'invitée d'honneur au rassemblement politique annuel organisé par Hervé Morin, président de la région Normandie et leader du parti centriste « Centre ».
Morin et Lagarde avaient été nommés à des postes importants dès 2007, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Morin a dirigé le ministère de la Défense pendant trois ans, tandis que Lagarde a d’abord été chargée de l’Agriculture et de la Pêche, avant de devenir ministre des Finances. En 2011, elle a quitté le gouvernement français pour prendre la tête du Fonds monétaire international.
Un porte-parole de la Banque centrale européenne a refusé de commenter les activités de Lagarde en France et sa participation à la réunion du conseil d’administration du Forum économique mondial.
Les discussions sur un éventuel départ anticipé de Lagarde alimentent également la course à sa succession.
La semaine dernière, le gouvernement néerlandais a officiellement proposé l’ancien président de la Banque centrale des Pays-Bas, Klaas Knot, comme candidat du pays, tandis que l’Allemagne envisage de nommer le président de la Bundesbank, Joachim Nagel.
L’Espagne s’est également positionnée en faveur de l’actuel président de la Banque des règlements internationaux, Pablo Hernández de Cos, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne. Les enquêtes indiquent que les économistes s’attendent à ce que De Cos l’emporte sur Knot dans la compétition, mais n’excluent pas la possibilité d’un candidat surprise, comme ce fut le cas à l’époque pour Lagarde.
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